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Niveau 3 : une méthode écrite ne prouve pas son application

Fabrice Pizzi · Projet Swarm

Une étape de préservation omise peut faire perdre les éléments d’un phishing ; le contrôle des preuves suspend la suite qui exige l’original.
Préserver l’original permet d’examiner l’analyse : une méthode disponible ne prouve pas que ses étapes ont été suivies.
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Un analyste de permanence reçoit une alerte de phishing. L’agent dispose d’une méthode qui demande de préserver le message original, d’examiner ses en-têtes et de distinguer indices et conclusions. Il fournit pourtant une synthèse sans conserver l’original, puis propose de supprimer le message. Si cette proposition est suivie, l’équipe peut perdre des éléments nécessaires pour reconstruire le trajet du courriel et étayer son investigation.

La procédure existait. Ce qui manque est la preuve de son application au dossier considéré. Cette différence explique l’intérêt des skills, mais aussi leur limite : rendre une méthode disponible n’en fait pas une règle d’exécution impossible à contourner.

Ce que j’appelle le niveau 3

Dans ma grille de maturité des usages de l’IA, le contexte du niveau 2 définit l’environnement du travail. Le niveau 3 décrit une méthode réutilisable : quand l’employer, quelles informations demander, quelles étapes suivre, quels résultats produire et quand solliciter une décision. Cette grille personnelle ne constitue pas une norme de certification.

Un skill peut réunir des instructions, des références et des scripts. Le format Agent Skills présenté par Anthropic organise ces ressources avec un chargement progressif : une entrée permet de découvrir la méthode, les détails sont consultés selon le besoin. Cette organisation aide à transmettre un savoir-faire sans tout injecter à chaque demande.

Une méthode, une chaîne applicative et un appel d’outil ne sont toutefois pas des objets équivalents. Leurs consommateurs, leurs droits et les conditions d’exécution doivent être examinés séparément.

Le protocole du SOC et la preuve manquante

Dans notre incident, la méthode doit préciser l’original à préserver, les transformations admises, les sources d’enrichissement et les éléments à présenter avant une suppression. Le résultat attendu ne se limite pas à un texte convaincant : l’analyste doit pouvoir retrouver les éléments employés et comprendre ce qui reste incertain.

Une méthode décrit le travail attendu ; la preuve permet d’examiner ce qui a effectivement été fait.

Si la référence originale manque, la suite qui l’exige reste en attente. Une justification de l’agent ne reconstitue pas la donnée perdue. L’analyse peut continuer sur les éléments disponibles, en conservant cette limite dans la conclusion.

Le skill peut structurer cette démarche et réduire les omissions recherchées. Il ne supprime pas toute variation entre agents et ne garantit pas une conclusion correcte. Un protocole périmé ou mal adapté peut au contraire reproduire la même erreur dans de nombreux dossiers.

Une bibliothèque doit être gouvernée

Chaque méthode a besoin d’un périmètre, d’un responsable, de conditions d’emploi et d’une manière d’examiner son résultat. Une évolution de l’outillage ou des obligations peut rendre une étape inadaptée. Une contradiction entre deux méthodes demande un arbitrage ; elle ne doit pas être résolue silencieusement par la formulation la plus persuasive.

Les scripts associés engagent aussi des capacités réelles. Leur présence dans un skill ne donne aucun droit supplémentaire de lire des données sensibles, d’appeler un service ou de modifier une ressource. Leur origine, leur contenu et leurs effets demandent la même attention que les autres composants exécutables.

Le cas du RAG suit cette logique. Une méthode peut choisir les corpus à consulter et définir les critères de sélection. Un seuil de similarité n’a pas de valeur universelle : il dépend du modèle, du corpus et de la tâche. Il ne prouve ni la vérité d’un passage ni le droit de l’utiliser.

La place de Swarm

Swarm distingue les méthodes qui orientent le travail des contrôles qui qualifient ses transitions. Son catalogue décrit des démarches de cadrage, réalisation, diagnostic et vérification. Une méthode de préparation propose un plan ; elle ne donne pas automatiquement le droit de lancer ou d’accepter des agents.

Les mécanismes de validation Rust relient des observations de contrôle à leur opération et aux éléments attendus. Ils ne transforment pas la présence d’un fichier de méthode en preuve que toutes ses étapes ont été exécutées. Les contrôles utiles au dossier doivent être définis et effectivement raccordés au parcours concerné.

Le niveau 4 examine ce raccord : quel événement déclenche la vérification, quelle décision peut-elle bloquer et que se passe-t-il si elle échoue ? Le dépôt Swarm permet de distinguer ces contrats de la seule recommandation écrite.

Pour approfondir : Anatomie d’un LLM : les fondations ; poids du modèle, attention et cybersécurité.